Est ce que la mort annule un bail au Québec?
La réponse est non. Au Québec, le décès d’un locataire ne met pas automatiquement fin au bail. En droit, le bail continue et il faut ensuite regarder qui occupait le logement, qui agit pour la succession et quels avis ont été envoyés dans les délais prévus par la loi.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1884&history=20161103
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Dans la pratique, cette règle surprend souvent les familles, les héritiers et même certains propriétaires. Un décès est déjà une situation lourde sur le plan humain. En plus, il faut gérer rapidement le logement, les meubles, les clés, le loyer et les délais légaux. C’est justement là que des erreurs arrivent. Chez Gestion Immobilière Souleymane, ce type de dossier mérite presque toujours une approche calme, documentée et très respectueuse.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/en/news/detail?code=what-to-do-in-the-event-of-death
Le point de départ juridique
L’article 1884 du Code civil du Québec prévoit que le décès d’une des parties n’emporte pas la résiliation du bail. Autrement dit, le bail ne disparaît pas simplement parce que le locataire est décédé. Il faut ensuite appliquer les règles particulières prévues pour les logements résidentiels, notamment celles sur le maintien dans les lieux, la résiliation par la succession et les avis à transmettre.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1884&history=20161103
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1939&historique=20221011
Le TAL rappelle aussi que le propriétaire ne peut pas décider seul de mettre fin au bail ni vider le logement de ses effets mobiliers simplement parce que le locataire est mort. Tant que la situation n’est pas réglée conformément à la loi, il faut éviter les gestes unilatéraux.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Si une autre personne habitait déjà dans le logement
Quand le locataire décédé habitait avec une autre personne au moment du décès, cette personne peut, dans certaines circonstances, devenir locataire et continuer d’occuper le logement. Pour que cela fonctionne, elle doit continuer à habiter sur place et aviser le propriétaire dans les deux mois suivant le décès.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Cette possibilité est importante, parce qu’elle évite qu’un occupant légitime soit traité comme un simple intrus après un décès. En même temps, le délai de deux mois compte beaucoup. Si aucun avis n’est donné dans ce délai, on passe généralement à un autre régime, celui où le liquidateur de la succession ou un héritier peut résilier le bail selon les règles applicables.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ressource/rc/T-15.01R3_FR_005_003.pdf?cible=FEE9CE4C4DD99734E08B1B34E19B058C&langCont=fr
La loi précise aussi qu’une personne qui obtient ce droit à la suite du décès n’est pas considérée comme un nouveau locataire. Ce détail peut avoir des effets pratiques sur la continuité du bail et sur certains arguments que le propriétaire pourrait vouloir invoquer.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/en/version/cs/CCQ-1991?code=se%3A1951&history=20191218
Si personne ne vivait avec le locataire
Quand le locataire habitait seul, le liquidateur de la succession ou, à défaut, un héritier peut résilier le bail en donnant un avis de deux mois au propriétaire dans les six mois du décès. La fin du bail peut aussi arriver plus tôt si les parties s’entendent ou si le logement est reloué pendant le délai.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1939&historique=20221011
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/sites/default/files/notices/TAL_804_E.pdf
Cette règle est très utile en pratique. Elle permet à la succession de ne pas rester liée indéfiniment à un logement devenu inutile. Par contre, tant que l’avis valide n’a pas été donné ou qu’une autre solution légale n’a pas été mise en place, les obligations du bail peuvent continuer de produire leurs effets.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.apq.org/actualites/articles/le-deces-ne-met-pas-fin-au-bail/
Si une personne vivait avec le locataire mais ne veut pas garder le logement
Il existe aussi un scénario intermédiaire. Une personne cohabitait avec le locataire au moment du décès, mais elle ne souhaite pas exercer son droit de rester dans le logement. Dans cette situation, le liquidateur de la succession ou, à défaut, un héritier peut, dans le mois suivant l’expiration du délai de deux mois, résilier le bail au moyen d’un avis d’un mois.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ressource/rc/T-15.01R3_FR_005_003.pdf?cible=FEE9CE4C4DD99734E08B1B34E19B058C&langCont=fr
Ce détail est souvent oublié. Plusieurs personnes pensent qu’il n’existe que deux options, soit garder le bail, soit appliquer la règle des six mois. En réalité, lorsque quelqu’un habitait déjà avec le locataire, le calendrier n’est pas le même et la fenêtre d’action est plus courte.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
La succession peut elle céder le bail
C’est ici qu’il faut être prudent. Le fait que le bail continue après le décès ne veut pas dire que la succession peut faire tout ce qu’un locataire vivant aurait pu faire. Dans un résumé de décision publié par le TAL, le Tribunal indique que puisque le droit au maintien dans les lieux est un droit personnel, la liquidatrice de la succession du locataire décédé ne peut pas céder le bail.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/resumes-decisions-cession-sous-location
Cette nuance est importante. La succession peut être responsable de certaines obligations et peut parfois résilier le bail selon les règles prévues, mais cela ne veut pas automatiquement dire qu’elle peut transférer le bail à un tiers comme si elle remplaçait entièrement le locataire défunt. C’est probablement l’un des pièges les plus importants pour les propriétaires et les familles.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/resumes-decisions-cession-sous-location
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Et les colocataires signataires du bail
Il faut aussi distinguer l’occupant qui vivait avec le locataire du colocataire qui est lui-même signataire du bail. Si plusieurs personnes sont déjà parties au bail, le décès de l’une d’elles ne fait pas disparaître les droits des autres colocataires. Le TAL rappelle d’ailleurs dans ses documents d’information que le décès d’un colocataire ne porte pas atteinte au droit au maintien dans les lieux des autres colocataires.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/rc/T-15.01%2C%20R.%203.pdf
Cette distinction compte énormément en gestion locative. Un propriétaire ne devrait pas traiter de la même manière un simple occupant, un conjoint qui remplit les conditions de la loi et un colocataire déjà nommé au bail. Chaque situation mène à des conséquences différentes.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/pdf/rc/T-15.01%2C%20R.%203.pdf
Qu’en est il du loyer et des services personnels
Dans certains logements, surtout lorsqu’il y a des services liés à la personne, une partie du loyer peut viser des services personnels. Le Code civil prévoit qu’après le décès, la personne qui occupait le logement avec le locataire, le liquidateur ou l’héritier n’a à payer que la portion liée aux services effectivement fournis du vivant du locataire.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/en/version/cs/ccq-1991?code=se%3A1938&history=20250901
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ressource/rc/T-15.01R3_FR_002_003.pdf?cible=6A5FD26D876570ECA079CB5DBDA77FCA&langCont=fr
C’est un point particulièrement pertinent pour certains contextes comme les résidences privées pour aînés. La logique est simple. On ne devrait pas exiger après le décès le paiement de services personnels qui ne peuvent évidemment plus être fournis à la personne décédée.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/en/version/cs/ccq-1991?code=se%3A1938&history=20250901
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/signature-d-un-bail/bail-avec-une-residence-privee-pour-aines
Ce que le propriétaire devrait faire
La première étape est de vérifier qui occupait réellement le logement au moment du décès et qui a qualité pour agir pour la succession. Ensuite, il vaut mieux communiquer par écrit, conserver les preuves, demander les documents utiles et éviter toute reprise de possession improvisée. Le TAL rappelle aussi que, sauf s’il agit de plein droit, le liquidateur doit être en mesure de démontrer son titre devant le Tribunal.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/Personnes-visees-par-la-representation-a-l-audience
Pour un propriétaire à Gatineau, Hull, Aylmer, Buckingham, Masson Angers ou dans le Plateau, le bon réflexe n’est pas d’aller vite, mais d’aller correctement. Un logement vide après un décès peut créer de la pression opérationnelle, mais une mauvaise décision peut facilement mener à un recours au TAL.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/en/being-a-lessee/death-of-a-lessee
Ce que la famille ou la succession devrait faire
Du côté de la succession, il faut agir rapidement. Identifier le liquidateur, confirmer si quelqu’un vivait dans le logement, envoyer l’avis approprié dans les délais et documenter les échanges peut éviter bien des frais et des conflits. Le formulaire du TAL pour l’avis en cas de décès du locataire peut aussi servir de point de départ utile.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/sites/default/files/notices/TAL_804_E.pdf
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/actualites/detail?code=que-faire-lors-d-un-deces
À retenir
La mort n’annule pas automatiquement un bail au Québec. Il faut distinguer si le locataire vivait seul ou non, vérifier si une personne peut devenir locataire, respecter les délais d’avis et comprendre que la succession ne peut pas simplement céder le bail comme un locataire ordinaire. Dans plusieurs dossiers, le vrai enjeu n’est pas la règle de base, mais la manière dont elle est appliquée dans les semaines qui suivent le décès.
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1884&history=20161103
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1938&history=20231120
Source https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/version/lc/CCQ-1991?code=se%3A1939&historique=20221011
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/resumes-decisions-cession-sous-location
Ce texte constitue une information générale seulement et non un avis juridique. En cas de décès, de conflit entre héritiers ou de désaccord avec un propriétaire ou un occupant, il est préférable d’obtenir un avis adapté aux faits précis du dossier.
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/etre-locataire/le-deces-du-locataire
Source https://www.tal.gouv.qc.ca/en/news/detail?code=what-to-do-in-the-event-of-death